Avantages et limites de la fusion

La fusion est le phénomène qui permet au soleil de nous émettre la lumière. Présentée comme telle, la fusion semble donc une source d’énergie colossale pour nous éclairer à une distance de 150 millions de kilomètres. Développer les recherches pour réussir à la contrôler sur Terre et ainsi exploiter au maximum l’énergie dégagée ? Why not ? Et bien, même si elle est souvent présentée sous son meilleur profil, la fusion possède, comme beaucoup d’autres choses, ses limites. C’est tout l’enjeu de cet article : voyons quels sont les avantages et les limites de ce phénomène.

Point de vue écologique:

En pensant “nucléaire”, nous pensons souvent aux déchets engendrés par les centrales. Sur ce point, la fusion présente un avantage non anégligeable. 

En comparaison avec son homologue : la fission nucléaire ( procédé actuellement utilisé dans les centrales); la fusion ne dégage que très peu de déchets et de courte durée de vie. 

On peut y ajouter qu’elle ne dégage aucune particule de gaz à effet de serre. À titre de comparaison, “les réacteurs français émettent ainsi chaque année de 1,3 à 2 tonnes de SF6, le plus puissant des gaz à effet de serre”. Pour finir avec l’aspect écologique, les accidents tels que celui de Fukushima, ne peuvent pas se produire avec la fusion. 

En effet, par son procédé, une réaction en chaîne est impossible. La moindre perturbation dans le réacteur entraînerait une refroidissement du plasma, ce qui arrêterait en quelques secondes les réactions de fusions puisqu’elles ne seraient plus assez alimentées pour se déclencher. 

National Geographic
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Point de vue économique :

D’un point de vue économique, la fusion prend également une longueur d’avance. Les combustibles nécessaires ( deutérium, tritium et lithium) sont des ressources abondantes, écartant ainsi les risques de pénurie énergétique. Par exemple, le deutérium s’obtient en distillant de l’eau ( procédé visiblement abordable ). Le lithium est quant à lui largement présent dans l’eau de mer. Tellement présent qu’il pourrait permettre de couvrir les besoins en énergie de la planète pour les 6 millions d’années futures. 

Pour et contres ?

Si l’on pèse maintenant les “pour” et les “contre”, la fusion remporte ce face-à-face haut la main. Mais c’est bien parce qu’elle présente des limites qu’elle n’est pas légitime pour tous. Le problème majeur auquel se confronte la fusion aujourd’hui est directement lié à l’aspect technologique. 

Les équipements actuels ne permettent pas d’extraire suffisamment d’énergie pour obtenir des résultats probants. En effet, les matériaux utilisés ne sont pas résistants assez longtemps au rayonnement et au flux de neutrons produits pendant la réaction pour en récupérer une quantité d’énergie exploitable.La seconde limite est intimement liée à ces limites technologiques. 

La fusion contrôlée entraîne de nombreux coûts : à la fois en termes d’installations mais aussi en “Recherche et Développement”. Si l’on prend l’exemple d’ITER, l’investissement est estimé aujourd’hui en milliards d’euros. Celui-ci pourrait se rapprocher de la dizaine de milliards dans les années futures. La remise en question de tels investissements provient également du fait qu’ils sont réalisés pour des résultats attendus des années, voire dizaines d’années, plus tard. 

Un procédé à fort potentiel s’il est maîtrisé nécessitant toutefois des engagements colossaux pour le mettre en place. Ce pari suscite ainsi une remise en question assez légitime : a-t-on misé sur le bon cheval ?