L'histoire du Tokamak :

“Tokamak” mais qu’est-ce que c’est ? Le nouveau hamac de Décathlon ? Le nouveau son de Fianso “L’équipe est Tokamak” ? Il n’en est rien de tout ça. Ce terme encore méconnu du grand public pourrait pourtant avoir un rôle clé dans les décennies en révolutionnant, dans le cas idéal, notre manière de produire de l’énergie. 

Prenons maintenant le temps de refaire son histoire.Tout d’abord le Tokamak peut être défini comme une machine en forme d’anneau métallique creux permettant, à terme, de réaliser la fusion nucléaire contrôlée à grande échelle.

La naissance du Tokamak !

Le principe de chambre à vide de forme torique voit le jour peu de temps après la Seconde Guerre mondiale de l’autre côté de la Manche à travers le brevet déposé par Thomson et Blackman.

Toutefois l’invention du Tokamak accompagné de sa configuration magnétique bien spécifique remonte aux années 1950 - 1960, pendant la Guerre Froide, par deux scientifiques russes : Igor Tamm et Andreï Sakharov.

 Les résultats obtenus sont nettement supérieurs à ceux ayant été observés dans d’autres configurations magnétiques. Le Tokamak prend donc un temps d’avance sur ses concurrents, lui permettant d’attirer l’attention des chercheurs : l’ère des Tokamaks a commencé.

Dès les années 1970, de nombreux projets de fabrication des grands Tokamaks modernes se développent  : JET ( Royaume-Uni ) ou  TFTR ( États-Unis).

Les évolutions :

Le temps passe, les résultats ne cessent d’être meilleurs et le bilan 30 ans après le début de l’ère des Tokamaks est bluffant. Les progrès réalisés dans le domaine sont comparables à ceux réalisés dans le domaine des micro-processeurs !(2) Quand on sait la trajectoire exponentielle que prennent les nanotechnologies, les Tokamaks ont donc une solide raison d’être au cœur des recherches sur la fusion nucléaire.
Pour couronner cette période de progrès, un premier bilan énergétique proche de l’équilibre à la fin des années 1990.

“Bilan énergétique à l’équilibre” signifie que la puissance émise lors de la fusion est de l’ordre de la puissance injectée pour réaliser cette dernière. Un véritable accomplissement qui s’accompagne d’une augmentation de temps de fusion au cœur du Tokamak. L’espoir d’aboutir à un fonctionnement continu des réacteurs est maintenu.Toutefois, pour assurer une production d’énergie basée sur la fusion thermonucléaire, les progrès ne doivent pas s’arrêter.

On estime à 10 le facteur qui doit être gagné sur le bilan énergétique de la fusion.
Ainsi ITER, avec le projet de concevoir le plus grand Tokamak au monde ( premier plasma attendu pour 2025), est attendu au tournant concernant les résultats qu’il obtiendra. Si les résultats sont probants, ITER marquerait un grand coup et réanimerait les espoirs d’une nouvelle manière de produire l’énergie mondiale.

Sources :


(1) https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/tokamak


(2) http://www-fusion-magnetique.cea.fr/fusion/histoire/site_historique.htm